La cinémathèque de Corse

Cinéma Italien le Vendredi 10 Mai à 18h00,à la Cinémathèque de Corse. Soirée en présence de Jean-Baptiste Thoret et en partenariat avec Cinémotion.


Présentation de Jean-Baptiste Thoret

Le guépard
(Il gattopardo)
Film de Luchino Visconti.

Présentation de Jean-Baptiste Thoret.
Italie • Drame • 1963 • 3h05
Avec : Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale, Pierre Clementi.
Adapté du roman éponyme de Giuseppe Tomasi de Lampedusa.


L'histoire se situe dans la Sicile du XIXème siècle, durant les années 1861-1863, lors du débarquement de l'armée de Garibaldi.
Don Fabrizio, prince de Salina, habite une luxueuse demeure aux environs de Palerme.
C'est là qu'il apprend que les troupes garibaldiennes s'appretent à envahir l'île. Le Prince ne s'émeut pas outre mesure des évènements qui agitent un monde en pleine mutation les considérant avec un certain recul. Le cours de l'Histoire lui parait implacable et il n'a nullement l'intention de lutter contre lui. Aussi décide t-il de partir en villégiature avec sa femme et ses sept enfants dans sa résidence de campagne à Donnafugata, village dont la population l'accueille avec respect et affection.
Lors du banquet offert par le maire, sa fille la splendide Angelica séduit le jeune et fougueux Tancrède par sa beauté et sa joie de vivre.
Deux ans plus tard, quand Tancrède, neveu du Prince, après s'être enrôlé dans l'armée régulière piémontaise, revient dans la famille, impatient de revoir Angelica, les pères se sont déjà entendus pour faciliter l'union qui réunira la nouvelle bourgeoisie, ardente et ambitieuse à la vieille aristocratie, digne et résignée...
Dans cette fresque somptueuse, le cinéaste analyse, sans nostalgie excessive la mutation du monde féodal et rural en une société moderne et républicaine. Il livre à nos regards éblouis la splendeur des paysages de l'île,
l'extraordinaire stature humaine du Prince, le raffinement de la vie aristocratique. L'aventure individuelle des
Salina se développe parallèlement à l'aventure collective de l'île : les évènements motivent les réactions du
Prince, son désir d'action, sa mélancolie face à l'échéance prochaine de sa disparition. Il représente une classe
sociale qui s'efface avec une élégance poignante, arrivée à un paroxysme de civilisation et remplacée par une
nouvelle vague plus vigoureuse, tendue dans un désir impérieux d'ascension sociale... Mais la révolution véritable
est manquée : la bourgeoisie remplace la noblesse, à des privilèges succèdent d'autres privilèges, tandis
que le peuple reste immuable condamné à la misère et l'orgueil du désespoir...
Extrait d'une réflexion tout à fait évocatrice du Prince : "Nous fûmes les guépards, les lions, ceux qui nous remplaceront
seront les chacals et les hyènes... Et tous, guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre."