La cinémathèque de Corse

Festival Sorru in Musica 2017

Projection du film "Filetta Meia ou le village de mes origines" de Jean-Pierre Mattei à Renno le dimanche 23 Juillet 2017 à partir de 18h30 (Eglise de Renno).
Ciné-concert à Vico le lundi 24 Juillet 2017 à 21h30.


Filetta meia ou Le village de mes origines de Jean-Pierre Mattei. 2016, Documentaire. 52 mn.
Avec la participation des habitants de Renno. Une coproduction France Télévisions - Symphonia Films.
 
Sujet : Filetta meia ou Le Village de mes origines est un récit consacré à la commune de Renno.
Ce village de montagne de la Corse profonde où au cours des siècles hommes et femmes ont transhumé di piaghja in muntagna ou bien ont cherché un avenir moins rude en pays lointains. C’est le pays natal de mon père. 

Ciné-concert à Vico le 24 juillet, 21h30 Couvent de Vico.
Musique originale de Didier Benetti, interprétée par les musiciens du Festival.
 
L'Arlésienne, d’André Antoine, 1922, 1h16
Adaptation : André Antoine, d’après L’Arlésienne, mélodrame en trois actes et cinq tableaux d’Alphonse Daudet. Réalisation : André Antoine. Interprétation :  Lucienne Bréval : Rose Mamaï, Gabriel de Gravone : Frédéri, fils ainé de Rose Mamaï, Léon Malavier : Francet Mamaï, le grand-père , Louis Ravet : Balthazar, le vieux berger, Jean Fleury : Janet, second fils de Rose Mamaï, dit L’innocent, Berthe Jalabert : La Renaude [mère de Vivette], Maguy Deliac :       Vivette [Renaud], filleule de Rose Mamaï , Marthe Fabris : L’Arlésienne, Jean Jacquinet : Patron Marc, frère de Rose Mamaï,  Charles de Rochefort : Mitifio, le gardian
 
Résumé : Frédéri, le fils de Rose Mamaï doit se marier avec Vivette une fille du pays. Mais un jour, à Arles, il rencontre l’Arlésienne et en devient fou d’amour. L’Arlésienne a un amant en la personne d’un guardian Mitifio. Devant les réticences de sa mère, Frédéri accepte d’épouser Vivette. Sa rencontre inopinée avec Mitifio, réveille son amour. Alors, comprenant que l’Arlésienne ne sera jamais à lui, il monte en haut de la ferme et se jette dans le vide.
Remerciements : Cinémathèque Française, Gaumont Pathé Archives 

Antoine, le réalisateur de l’Arlésienne (présentation de Jean Pierre Mattei)

L’Arlésienne est une des réussites les plus éclatantes d’André Antoine cinéaste.
D’abord, l’abondance de plans larges sur les décors naturels de Camargue avec le vent qui secoue feuillages et linges, les bergers qui veillent sur les moutons à la belle étoile ou encore les gardians qui ramènent les chevaux à travers les dunes, cette abondance de plans larges, donc, donne un ancrage réaliste à la sombre tragédie d’Alphonse Daudet. 
Si la première partie paraît un peu laborieuse et confuse par manque d’unité dramatique, c’est toute une petite famille qui finit par exister à l’écran. La synthèse entre des éléments qui semblaient jusqu’ici éparpillés se réalise pleinement lors du remarquable climax qui précède le mariage. Le rythme, auquel participe un montage élaboré, devient alors palpitant et inquiétant. « L’Arlésienne » resta malheureusement le dernier film présenté au public d’Antoine.
Leçon du western, leçon des grands muets suédois, leçon d’André Antoine ? Ce dernier s’’était engagé dans l’aventure cinématographique, par les circonstances, poussé par le besoin d’argent, il se prit au jeu et réfléchit sur les problèmes de l’art nouveau : « Je suis arrivé au cinéma dans l’ignorance complète de ce métier ; c’était un peu aventureux, mais, en échange, j’apportais des yeux tout neufs, aucun parti pris » écrit-il dans « Lectures pour tous ». Il secoue ainsi les routines et cela lui permet de lancer quelques idées nouvelles.
Il faut préciser que de 1915 à 1921, André Antoine s’est presque exclusivement consacré à la réalisation de films. Durant cette période il multiplia les articles et les interviews sur le cinéma et occupa une place de choix dans l’histoire du cinéma français et ce à un moment où l’art muet affirmait son originalité. Devenu critique dramatique de « L’information » en 1920, collaborant en même temps au « Journal », au « Monde illustré », à « Aux Ecoutes », à « la Revue Hebdomadaire », Antoine renonce en 1922 à son activité cinématographique.
Son passage dans le monde du cinéma avait soulevé des polémiques passionnées,
Des noms qui ont marqué l’histoire du cinéma,
- Julien Duvivier : un jeune assistant qui avait débuté avec Antoine à l’Odéon, et qui n’allait pas tarder à se faire un grand nom dans le film parlant.
- Gabriel de Gravone et Charles de Rochefort : Deux stars du muet :
Dans des styles différents ces deux acteurs d’origine corse  apportent leur charisme à cette histoire pleine de violence et de lumière propre au midi dont ils sont issus.
Gabriel de Gravone ce nom en souvenir de la propriété familiale située aux abords de La Gravone et du théâtre Saint Gabriel d’Ajaccio. Il s’appelait en fait Antoine Faggianelli. Sa vocation théâtrale est née en Corse, et devait le conduire à une carrière théâtrale prestigieuse. Le conservatoire où il officie est un véritable vivier pour les réalisateurs de cinéma qui feront appel à lui. Dans le registre romantique, il fut un jeune premier apprécié par de grands réalisateurs : Abel Gance ou Henri Fescourt fut aussi la coqueluche des spectatrices. Il arrêta volontairement sa carrière à la fin du muet.
Charles de Rochefort : sa mère A signora Camella née Guelfucci était d’une famille cortenaise qui comptait de nombreux notables, dont un était notaire et maire de Corte et l’autre président du tribunal de Paris. Sa carrière suivit un parcours identique à Gabriel de Gravone et dès 1923 il aborda une carrière américaine et son surnom « French Adonis »  fait qu’il fut un protagoniste très sollicité de la vie hollywoodienne. A la venue du parlant il retourne au théâtre où il écrit des pièces qu’il interprétera dans une salle qui portera son nom à Paris.
- Léonce Henri Burel: chef opérateur diplômé des Beaux-Arts  filma de magnifiques Noir et Blanc auprès de réalisateurs exigeants, comme Abel Gance, Marcel L’herbier, Robert Bresson et bien sûr Antoine.