La cinémathèque de Corse

Projection du film "Une vie violente" de Thierry de Peretti à Spéloncato, Vendredi 3 Août 2018 à partir de 21h30 .


Projection du film "Une vie violente" de Thierry de Peretti à Spéloncato, Vendredi 3 Août 2018 à partir de 21h30 .
Séance de Cinémathèque Itinérante à Spéloncato.
Projection du film "Une vie violente" de Thierry de Peretti​ par l'équipe de la Cinémathèque Itinérante.


France. 2017. Couleur. Drame. 1h53

Production : Pyramide
Interprétation : Jean Michelangeli, Henri-Noël Tabary, Cédric Appietto, Marie-Pierre Nouveau, Délia Sepulcre-Nativi.


Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe,son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité. « Je suis né et j’ai grandi en Corse, j’y passe aujourd’hui la moitié de mon temps. Mes attaches à l’île sont fortes, y vivent ma famille, une partie de mes amis, de nombreux êtres chers. J’ai toujours eu la plus grande difficulté à raconter à mes amis, aux personnes que je rencontrais, avec lesquelles je travaillais à Paris ou ailleurs, d’où je venais et pas simplement d’un point de vue géographique.Je n’ai pas grandi dans un endroit archaïque et hors du temps mais, comme beaucoup de gens de ma génération, en écoutant les Smiths, en découvrant L’étoffe des héros de Philip Kaufman, Les griffes de la nuit de Wes Craven, ou Police de Maurice Pialat. Les mêmes choses au même moment. D’un autre côté mon enfance et mon adolescence se sont déroulées dans un climat de violence politique et de grande confusion. Les gens de ma génération ont tous vécu ou connu, à des niveaux différents, la violence et les meurtres, les règlements de compte et les guet-apens, les familles décimées. Chacun d’entre nous a eu des camarades qui ont pris des routes dangereuses, ont fait de mauvaises rencontres ou qui ont, brutalement, injustement, perdu la vie.J’ai tenté de raconter du mieux que j’ai pu ces deux états, ces deux mondes qui s’enchevêtrent et se confondent… Un monde où la société est touchée de la même façon qu’elle l’aurait été ailleurs par les évènements et les troubles. Et un autre, presque un inframonde, problématique et sombre, où les questions du sang, de la folie et du territoire travaillent et minent la société. Je m’intéresse à cette période qui a vu mourir en Corse des dizaines de jeunes gens de manière brutale pour des raisons souvent obscures, même si elles semblaient emprunter les voies nébuleuses du radicalisme politique et/ou de la criminalité. Filmer cette époque récente, c’est aborder les questions de l’origine de la violence et poser celles qui travaillent l’île aujourd’hui. Même si le film ne s’inscrit pas en premier lieu dans une perspective historique, il est question d’histoire et de politique, il est question de la France. Ce film est un hommage à tous ces jeunes gens perdus ou assassinés. Mais aussi la promesse d’un dialogue entre une génération oubliée, perdue, massacrée et une autre, vivante et exaltée, qui l’incarne à l’écran. » 
Thierry de Peretti