La cinémathèque de Corse

Soirée du Vendredi 20 avril 2018, à la Cinémathèque de Corse, Projection du documentaire "Allegro largo triste" d'Aurélien Froment et du film "L’Accabadora" d'Enrico Pau.


à 19h00 Allegro largo triste

Projection hors les murs du Festival Cinéma du Réel, Compétition courts-métrages
Réalisé Aurélien Froment
France • Documentaire • 2018 • 36 min


En filmant le musicien sarde Franco Melis, Aurélien Froment ne se contente pas de documenter la pratique du
dernier d’une longue lignée de joueurs de launeddas. Il invente une forme qui, sans les singer, épouse rythmiquement
les sonates. La succession des séquences permet de découvrir l’étonnant instrument à trois cannes :
les indications que donne Melis à un joueur plus jeune nous familiarise avec lui, puis on voit avec quelle simplicité,
canif en main, il en fabrique un.
Le musée de Cagliari, où est exposée une statuette nuragique de joueur de launeddas, relie le musicien actuel
à un passé sédimenté dans le paysage : l’architecture de l’église, où il joue dos à l’autel ; celle des montagnes
à l’arrière-plan dans la dernière partie du film, où l’utilisation de la pellicule prend tout son sens. Cadrage et montage
ne sont jamais axés sur une spectacularisation du folklore.
Ménageant dans les plans-séquences de petits événements visuels, le cinéaste trouve un équivalent à la technique
du souffle continu exigée par le launeddas. Quand le cadre s’élargit et que le maître se révèle entouré de
6 autres musiciens, le cercle de la transmission ouvert au début se parachève, et la polyphonie, décuplée, atteint
une ampleur inouïe.

Charlotte Garson

à 21h00  L’Accabadora

En présence du réalisateur Enrico Pau.
En partenariat avec l’association La Corse et le Cinéma


Italie, Irlande • Drame • 2015 • 1h37
avec : Donatella Finocchiaro, Barry Ward, Carolina Crescentini, Sara Serraiocco, Anita Kravos, Camilla Soru,
Piero Marcialis

L’Accabadora prend son nom de la figure d’une femme de la tradition sarde, se situant entre la réalité et la légende.
Son rôle, qui lui a été transmis par sa famille, était de donner la « bonne mort » à des personnes âgées moribondes et à des enfants ou des jeunes gravement malades pour lesquels vivre était devenu insupportable.
Sous les bombes de 1943, Annetta, hantée par son destin maudit d’« accabadora » de son village et par les cauchemars des morts qu’elle a données, vient en ville pour chercher sa nièce Tecla. Cela sera l’occasion de se confronter à un monde différent, moderne même dans la tragédie collective, et pour s’ouvrir à une nouvelle vie.